Fabrice Zumbrunnen sur la RTS : « La Suisse a raté le coche en matière de transformation numérique dans le secteur de la santé »
Dans l’émission « La Matinale » de la RTS, Fabrice Zumbrunnen, PDG d’AEVIS Victoria et délégué du conseil d’administration de Swiss Medical Network, a expliqué le fonctionnement des soins intégrés et a mis en évidence les limites du système de santé suisse.
Les réseaux de soins intégrés sont nettement plus répandus en Suisse alémanique qu’en Suisse romande. Dans une interview accordée à la RTS, Fabrice Zumbrunnen les a distingués du modèle du médecin généraliste. Dans ce dernier, les patients sont orientés vers un spécialiste par leur médecin généraliste. Les soins intégrés vont plus loin : « L’objectif des soins intégrés est de coordonner les efforts de tous les prestataires de soins dans l’intérêt du patient. » Cela inclut aussi bien les médecins spécialistes que les soins à domicile.
Responsabilité financière au sein du réseau Dans le modèle VIVA, le réseau assume la responsabilité financière des soins. Cela permet des solutions qui ne sont guère prévues dans le système tarifaire actuel, comme le traitement hospitalier à domicile.
Un coordinateur de santé comme interlocuteur dédié Ce dont bénéficient les membres dépend de leur situation. Ceux qui sont en bonne santé mais fument reçoivent un accompagnement pour arrêter de fumer. Les personnes atteintes de maladies chroniques peuvent contacter leur coordinateur de santé à tout moment. Si nécessaire, le coordinateur organise des rendez-vous avec des spécialistes et donne des conseils sur les exercices physiques et les médicaments.
Des données partagées au lieu de nouveaux questionnaires : M. Zumbrunnen estime que c’est là que réside la principale lacune de la numérisation. Sans base de données partagée, chaque service doit saisir à nouveau l’historique médical d’une personne en partant de zéro. Il a comparé cela à une boutique en ligne où l’on devrait se présenter à nouveau à chaque commande. La plupart des membres de VIVA mettent leur dossier médical à la disposition du réseau. Cela permet à tous les acteurs concernés de prendre en compte la situation dans son ensemble, plutôt que de se limiter à une intervention isolée.